Jean Annequin

Interview Jean Annequin, parrain de l’édition 2022

Guide de haute montagne à 25 ans, la passion de Jean Annequin pour la découverte des montagnes du monde l’a amené aux quatre coins de la terre. Professeur à l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme (ENSA), il passe une grande partie de son temps à voyager et à nourrir ses rêves d’exploration.

On peut te qualifier « d’explorateur moderne » puisque tu sillonnes le monde en quête de paysages vierges. D’où t’est venue cette envie d’exploration ?

Je suis né gone de ville, né dans un HLM. Mais j’ai eu la chance immense d’avoir des parents qui ont gardé un camping pendant 14 ans dans le val Ferret Italien. La face peu connue du massif du Mont Blanc. Je crois que ces années à courir les sommets du versant italien ont marqué mon gout pour aller voir derrière, ailleurs. A 19 ans, j’intègre l’équipe Jeune Haut Niveau de la FFME et c’est grâce à elle que je vais découvrir le monde des expéditions lointaines. En 1991, je pars pour la première fois au Népal pour ouvrir une voie sur le Hiunchuli.

Depuis, je suis parti chaque année au Népal pour un sommet. Parfois même trois fois dans la même année. Par ces expéditions, j’ai appris à aimer rester longtemps en montagne et non pas la picorer, l’immersion mais aussi l’errance. Errer, non sans but, mais avec la volonté de comprendre un milieu, un massif ou une montagne. Traverser avec un cheminement logique créé par et pour soi-même.

Les années 90 ont été marquées par le goût des faces engagées, souvent seul. Les années 2000, tout en continuant l’errance dans les faces engagées, furent la décennie des explorations en haute altitude sur des sommets peu connus : Shispar, Ratna, Kanchungtse, St Valentin, St Lorenzo, Kamet, Noshaq, Baintha Brakk, Kula kangri. 22 sommets de plus de 6500m mais aussi des sommets de moindre altitude perdus dans des massifs oubliés. Ce fut aussi la découverte de l’errance à ski. Un mode de déplacement pour plonger en montagne au coeur de l’hiver.

Mon goût des grandes faces n’a pas changé depuis mes premières journées comme guide il y 27 ans, mon goût des expéditions lointaines non plus. Mais j’ai ancré profondément en moi le désir de découverte. Car découvrir, c’est s’émerveiller de la nouveauté, c’est comprendre les montagnes en plongeant par envie, c’est rassembler toute son énergie pour l’inconnu.

Les MXP accompagnent depuis 2007 les projets d’amateurs qui veulent eux-aussi découvrir de nouveaux horizons ou réaliser des projets fous. Quel regard portes-tu sur ce concours ?

Le MXP est une chance unique pour être soutenu dans un projet. Pouvoir le présenter comme on l’envisage et le défendre face à des personnes qui ont une expérience est une grande chance. Je crois que se faire aider dans la conception d’un projet est aussi une grande chance. En 2009, j’ai monté un projet pour aider 4 Afghans à gravir le plus haut sommet de leur pays, le Noshaq (7492m). Aucun Afghan n’avait gravi le plus haut sommet d’Afghanistan. Millet a permis la réalisation de ce projet et surtout que 2 des 4 Afghans montent avec moi au sommet. Une très belle réussite.

Quel conseil donnerais-tu à des amateurs qui ont un projet en tête mais qui hésitent à se lancer ?

Dans le montage d’un projet, il y a plusieurs phases : rêver est la première. Elle est importante cette phase car c’est là que l’on va poser les bases de ce dont on a envie. C’est un moment où l’on est aussi en écoute des possibilités qui s’offrent à nous. Quand on a trouvé le projet qui nous convient, si l’on a peu d’expérience dans l’organisation, il est important de se faire aider. On peut être le meilleur alpiniste mais si l’on foire son organisation, l’expé peut être avortée avant le départ. S’appuyer sur ceux qui ont déjà organisé et vécu des expés dans le même environnement est un gage de réussite. Millet peut vous soutenir dans ces démarches.

En tant qu’ambassadeur Millet et explorateur, que représente pour toi le fait d’être parrain des MXP 2022 ?

Généralement, dans les festivals ou à la fin d’une formation diplômante comme celle de guide de haute montagne ou à la remise d’un prix, on attribue la fonction de « parrain » à un ancien qui dans son temps a oeuvré dans la discipline que l’on fête.

Est-ce qu’aujourd’hui je me sens ancien ? Sûrement un peu quand je me retourne sur les traces laissées sur les sommets lointains. Et à la fois, je n’ai jamais eu autant d’envie et d’énergie pour découvrir les montagnes du monde. Alors pour moi être parrain, c’est bien-sûr un honneur. Et je remercie Millet de me faire confiance. Mais c’est surtout une vraie envie de partager la construction des projets des candidats. Apporter mon savoir-faire de presque 30 ans d’organisation de voyage. Poser des réflexions et peut-être des règles ensemble pour continuer à explorer le monde avec les contraintes environnementales d’aujourd’hui.

 

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