PANIK À BAFFIN

LAUREAT MXP 2010

Chloé, Fanny, Marion et Mélanie rêvaient de découvrir de nouveaux territoires de glisse en milieu sauvage, en complète autonomie. Ces quatre copines, férues de montagne, voulaient dévaler des couloirs mythiques. Leur choix s’est fixé sur les pentes raides de la lointaine l’île de Baffin, sauvage et glacée, située au Nord-Est du Canada.

21 jours, 120 km, cinq couloirs et quelques gelures plus tard, ces quatre « panik » - filles en inuit - ont définitivement prouvé qu’elles n’avaient pas froid aux yeux !

Départ

18 avril 2011

Arrivée

7 mai 2011

Durée

3 semaines

SIMPLE COMME UN COUP DE FIL !

«Panik à Baffin» a démarré par un coup de téléphone entre deux amies.… Un jour, Chloé Laget appelle Mélanie Martinot, sa grande copine et lui parle de son projet. Elle rêve de partir éprouver ses spatules loin des classiques alpins, dans un univers totalement sauvage. Voilà qui est bien tentant ! Les deux filles en parlent à Fanny Gras, snowboardeuse chablaisienne rencontrée à Chamonix, et à Marion Poitevin, grimpeuse et skieuse hors pair, aspirant guide.

Les échanges font vite boule de neige. Le projet prend corps lors d’une première réunion, en mars 2010. Les quatre nanas, âgées de 25 à 31 ans, parlent technique, financement, échafaudent des plans… Et peu à peu, la  lointaine île de Baffin et sa solitude glacée leur semblent plus proches !

EN PARTANCE POUR « L‘ESPACE SANS TRACE »

L’autonomie complète pendant trois semaines en terres inhospitalières ne s’improvise pas bien sûr !  En janvier 2011, les filles choisissent le Queyras pour se mettre dans l’ambiance. Côté grands froids, elles sont servies par un moins 25° ! Brouillard et vent les accompagnent.  Idéal pour avoir un tout petit aperçu de ce qui les attend et tester pulka, gps et kite en conditions presque réelles !

Trois mois plus tard, c’est l’envol vers l’autonomie totale, loin des terres habitées, des secours…  La solitude complète.

Gibbs Fjord est le point de départ de leur raid. Pendant 21 jours, elles sillonnent  la banquise en skis de randonnée, traînant derrière elles une soixantaine de kg dans leur pulka. Elles parcourent 120 km, en déplaçant leur camp de base pour se rapprocher de ces fameux couloirs en pente raide (entre 40° et 50°) qui les font rêver.

Le lieu où elles évoluent est  l’« espace sans traces », nommé « tunitaittuk», dans la tradition Inuit.

« Notre adaptation à ce territoire inhabité, sublimement vierge mais aussi hostile, fut nécessaire. Ici notre rapport à la nature redevient primitif, » relatent les filles. 

« Ici, notre rapport à la nature redevient primitif »

L’AVENTURE GLACEE ENTRE BANQUISE ET MURAILLES DE PIERRE

Au fil des jours, elles ouvrent cinq couloirs en skis ou en snowboard pour Fanny. Aucun droit à l’erreur bien sûr. Elles le savent. La neige est froide, compacte, abrasive… La pente, taillée entre les Big Walls, abrupte. Les températures varient entre -38° et -25°.

« On repérait les couloirs autour du campement sur la carte, et ensuite on essayait de les trouver sur le terrain. Après avoir grimpé 1 200 ou 1 500 m de dénivelé, on skiait entre des murailles de pierre, donc toujours à l'ombre et au froid, » raconte Fanny. « Nous aurions d’ailleurs dû prévoir de chauffer nos tentes, car là, le corps avait froid en permanence. » Un froid implacable qui a d’ailleurs laissé quelques traces de gelures… Mais l’expédition est chaleureuse, marquée par l’entr’aide et la bonne humeur.

A leur retour, Chloé, Mélanie, Marion et surtout Fanny (passionnée de dessin) se sont attelées à la préparation et au montage d'un film retraçant leur expé : « Panik a Baffin », 23 mn d’aventures glacées, servie par de belles images, primé au festival de Saint-Lary.

 « Entre nous, il n’y a pas de compétition, de lutte de pouvoir  »

Mélanie

PERFORMANCE = ENGAGEMENT

La performance de cette expédition réside dans l’engagement. L’éloignement de toute infrastructure oblige les expéditrices à prévoir en conséquence et à s’adapter au fil des jours, au milieu et au matériel : pas d’accès aux secours, connaissance et technicité des couloirs inconnues au départ... Un sacré défi pour une expédition 100 % féminine!

PANIK EN CHINE, PANIK EN HIMALAYA, PANIK EN…

Depuis le Grand Nord, les filles ont poursuivi leur bonhomme de chemin séparément mais aussi ensemble. Cette bande des quatre s’est ainsi retrouvée en Chine, dans la province du Sichuan à l’automne 2012. Elles ont tenté l’ascension du Mont Siguniang à 6420m dans le cadre d’une expédition organisée via le GMHM (Groupement militaire de haute montagne). L’idée ? Participer à un échange franco-chinois sur l’alpinisme.  Aujourd’hui, elles regardent vers l’Himalaya. Elles n’ont pas fini d’écrire leur histoire !  

L’Équipe

Chloé Laget
gardienne de refuge, skieuse
Mélanie Martinot
gardienne de refuge, skieuse et grimpeuse passionnée
Marion Poitevin
skieuse aguerrie, première femme admise au GMHM
Fanny Gras
snowboardeuse infatigable. Inséparable de son carnet de croquis