À la découverte des plus belles madones des Alpes

Lauréat MXP 2008

Eté 2008. François-Régis Thévenet et Maxime Casanova relient les cimes des Alpes surplombés d’une Madone. De la Meije au Mont Dolent, ces deux copains gravissent une dizaine de montagnes légendaires, par des voies choisies pour leur caractère historique et esthétique.  Ils veulent rendre ainsi hommage aux alpinistes qui ont hissé, souvent à dos d’homme, les statues au sommet.

Départ

26 juin 2008

Arrivée

7 août 2008

Durée

43 jours

UNE TRAVERSEE MARIALE EN FORME D’HOMMAGE

L’aventure commence par une belle histoire d’amitié entre Fanfan, François-Régis Thévenet et Max, Maxime Casanova. Ces deux passionnés de montagne sont étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à Lyon. Ils ont envie de partager ensemble un beau projet dans les Alpes… Ils doivent juste trouver lequel dans un univers où tout semble avoir déjà été fait !

« Nous avions gravi à deux reprises le Grépon. Découvrir à chaque fois la madone au sommet était un moment fort. Nous avons cherché à en savoir plus sur elle. Sans succès.  Il en est de même pour la plupart des effigies mariales qui coiffent les pics alpins. Nous nous sommes donc lancés dans une recherche sur l’histoire de ces sculptures atypiques. Nous nous sommes rapidement retrouvés plongés dans des récits d’ascensions épiques. L’idée d’une traversée a ainsi émergé pour rendre hommage aux alpinistes qui ont monté et scellé ces madones », raconte Fanfan. 

« Découvrir une madone au sommet, après une ascension, est toujours un moment fort.»

UN PELERINAGE ALPIN HORS DU COMMUN

Le 1er juillet 2008, leur pèlerinage débute en Oisans (Isère) par l’ascension de la Meije orientale et la découverte de Marie de la Meije, petite vierge en bois scellée à près de 4000 m.

« Gérard Turc, le gardien du refuge du Chatelleret, a participé à la montée de cette madone en 1996. Il nous en a fait le récit. C’était génial, un vrai cadeau de départ », reprend Max. « Nous avons ensuite rejoint la Vanoise en vélo. Des amis se chargeaient de nous les déposer aux bons endroits. Nous sommes montés à la pointe de la Rechasse, jusqu'à la madone, à 3212 m. Puis nous avons gravi la voie Vion en face Sud de la Grande Gliere, 3392m, jusqu'à Marie du secours en montagne.»

Au sommet de la Réchasse, le temps est splendide. Un chamois semble attendre les alpinistes. Il tourne la tête. La  vierge est là, juste derrière lui… Magie de l’instant.

Nouvelle transition en vélo puis c’est le Ruitor et « Notre Dame qui sourit et pardonne ». Ils attaquent ensuite « l’intégrale de Peuterey » via un passage par la Vierge de l’aiguille  noire à 3372 m avant de devoir s’arrêter 48 heures.   

« J’ai été victime du mal des montagnes dans l’ascension de la Blanche. J’ai été  hélitreuillé au col et hospitalisé », note Maxime.

« Ce voyage n’était ni une croisade, ni une revendication religieuse. »

Deux jours de repos plus tard, leur périple se poursuit par la Tour ronde et sa Vierge noire (3792 m), la dent du Géant (4013 m) et sa Madone centenaire, le Grépon et Notre Dame de la Salette.

Francois-Régis et Maxime atteignent alors Notre Dame de Lourdes, par la face nord des Drus : cette immaculée aux mains jointes et au chapelet de perles d'or est scellée au sommet de la pointe Charlet (3730 m). Leur aventure prend fin à la vierge du Mont Dolent. 

UN ENCHAINEMENT CENTRE SUR L’HISTOIRE

Un bel enchaînement riche en moments forts, en émotions…

« Nous avons à chaque fois grimpé en libre. Nous essayions systématiquement de suivre les voies empruntées par les alpinistes lors de la montée des madones. Nous n’étions pas centrés sur la difficulté mais sur l’histoire », ajoute Max. Fanfan confirme : « Ce voyage n’était ni une croisade, ni une revendication religieuse mais bien un hommage aux alpinistes qui ont transporté ces madones. »

En se retournant pour voir le chemin parcouru, ils restent marqués par la petite madone de la Meije, qu’ils ont découverte ensevelie sous la neige. Ils gardent aussi en mémoire ce halot de lumière autour de la vierge du Grépon alors qu’ils bivouaquaient au sommet et que le mauvais temps laissait place à un magnifique coucher de soleil… Ce qu’ils retiennent aussi, c’est la richesse du partage de chaque instant. « Cet enchaînement a fini de consolider notre amitié. C’était vraiment un beau moment de montagne. »

« Marie de la Meije » est hissée par les guides du Vénéon en 1996. C’est une madone très sobre, en bois. C’est la 4e à être scellée au sommet. La première c’était en 1936. Victime de la foudre, elle a été remplacée en 1958 par une madone en granit d'Oisans qui n’a pas davantage résisté aux orages. En 1988, une petite iconographie en bois a été placée sur la Meije en hommage au curé de la Grave. Il y a donc actuellement deux vierges au sommet. 

DE QUOI ECRIRE UN LIVRE !

Depuis, Fanfan ne cesse de recueillir des témoignages sur ces guides qui, un jour, ont accompagné ces madones au point le plus haut. Ils continuent aussi de consigner des données sur ces statues :  « Elles personnifient les sommets et ont chacune leur histoire. Mais elles sont aussi sources d’histoires pour les gens de leur vallée. C’est passionnant. »

Une histoire qui continue : en 2011, la madone de la Dent du Géant a été renouvelée. François-Régis était présent à la bénédiction, carnet en main ! 

Il songe bien sûr à écrire un livre. Il a déjà le fil rouge, la matière… Il lui faut juste du temps !

L’Équipe

Maxime Casanova, né en mars 1983
A commencé l’escalade en 2003. Aujourd’hui moniteur d’escalade dans l’Ain.
François-Régis Thévenet, né en avril 1983
Guide de haute montagne. Thésard en biomécanique et sciences de la vie.